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Planification fiscale

8 min de lecture

Pourquoi la fonte du REER est souvent négligée en planification de la retraite (et ce que cela signifie pour vous)

Une vraie conversation, une réaction inattendue et les deux raisons pour lesquelles cette stratégie peut être écartée avant même que les chiffres soient sur la table.

La fonte du REER est souvent écartée avant tout calcul. Les deux raisons, et les questions à poser avant d'accepter un « non ».

Max Jessome

Max Jessome

Chef de l'exploitation, cofondateur

Pourquoi la fonte du REER est souvent négligée en planification de la retraite (et ce que cela signifie pour vous)

La fin de semaine dernière, j'ai croisé une amie de la famille lors d'une rencontre. Elle m'a dit qu'elle lisait mes publications LinkedIn et le contenu d'Optiml depuis un moment, et qu'un sujet en particulier l'avait marquée : la fonte du REER.

Elle m'a confié qu'elle n'en avait jamais entendu parler, même après plusieurs séances de planification de la retraite au fil des ans. Dès qu'elle a lu ce que nous en avions écrit, la logique lui a paru évidente. Pour sa situation précise, la stratégie avait du sens.

Voici pourquoi.

Elle prévoit de ralentir le travail au cours des prochaines années. Qu'elle prenne entièrement sa retraite ou qu'elle passe à des mandats de consultation à temps partiel, la question reste ouverte. Dans un cas comme dans l'autre, elle aura une période de faible revenu importante entre le moment où elle cessera de toucher un plein salaire et celui où elle commencera à recevoir les prestations du Régime de pensions du Canada (RPC) et de la Sécurité de la vieillesse (SV).

Pendant cette période, son taux marginal d'imposition sera temporairement bas. Retirer des fonds de son régime enregistré d'épargne-retraite (REER) durant ces années, payer l'impôt au taux plus bas et réinvestir l'argent dans un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) ou un compte non enregistré pourrait faire en sorte que ces mêmes dollars lui coûtent beaucoup moins d'impôt à vie que si elle attendait l'âge de 71 ans et se voyait forcée de faire des retraits obligatoires d'un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) qui s'ajouteraient au RPC, à la SV et à tout autre revenu.

Elle n'avait pas l'intention d'appliquer la stratégie sans vérification. Elle voulait tester l'idée avec ses propres chiffres et voir si le calcul tenait la route dans sa situation. Un bon réflexe.

Elle a donc fait la chose la plus naturelle. Elle en a parlé à une connaissance qui travaille dans le secteur de la planification financière, en partie pour tester la stratégie de vive voix avec un praticien, en partie pour savoir si de vrais conseillers modélisent activement ce genre de plan pour leurs clients.

La réaction n'a pas été celle qu'elle attendait.

Le fossé dans la conversation

Plutôt que d'examiner si la stratégie avait du sens dans sa situation précise, la réponse a tout de suite été sceptique. Cette connaissance lui a conseillé la prudence et s'est demandé si la source de l'information n'avait pas une arrière-pensée.

Cette réaction m'a frappé, non pas parce que des professionnels raisonnables ne peuvent pas être en désaccord sur une stratégie, mais parce que la conversation ne s'est jamais vraiment rendue jusqu'aux calculs.

Deux raisons pour lesquelles cette stratégie est négligée

Des gens raisonnables ne s'entendent pas toujours sur la stratégie fiscale. La planification de la retraite comporte des compromis, et chaque stratégie ne convient pas à chaque ménage. Mais quand le scepticisme apparaît avant que les chiffres soient pleinement évalués, il vaut la peine de comprendre pourquoi.

Il y a généralement deux raisons.

1. Un véritable désaccord

Certains conseillers ont étudié la stratégie en détail et conclu que, tout bien considéré, les risques (séquence des rendements, longévité, changements futurs des taux d'imposition, chocs de coûts de santé) l'emportent sur les avantages pour leur client type. C'est une position défendable, et des conseillers raisonnables y arrivent parfois.

Ce n'est toutefois pas de là que vient la plus grande partie du scepticisme initial. Un véritable désaccord se manifeste habituellement sous la forme de « voici pourquoi je ne vous le recommanderais pas, à vous précisément », et non de « la personne qui vous a parlé de cela a une arrière-pensée ».

2. Une méconnaissance de la modélisation

La fonte du REER ne fait pas partie de la formation standard des conseillers au Canada. Bien des conseillers ont été formés il y a 10 à 20 ans, à une époque où le consensus était simple : reporter les retraits du REER le plus longtemps possible pour maximiser la croissance à impôt différé.

Ce conseil n'est pas faux dans tous les cas. Mais il ignore le calcul des tranches d'imposition en fin de parcours. Quand les retraits obligatoires du FERR commencent à 72 ans et s'empilent sur le RPC, la SV et tout revenu d'un régime de retraite à prestations déterminées, beaucoup de Canadiens se retrouvent dans une tranche marginale plus élevée à la retraite qu'au cours de leur vie active. Le report qui semblait judicieux à 50 ans devient coûteux à 75 ans.

Modéliser correctement une fonte du REER exige des projections fiscales sur plusieurs années, en tenant compte de l'âge de début du RPC et de la SV, du seuil de récupération de la SV, du traitement fiscal différent des retraits d'un FERR, d'un CELI et d'un compte non enregistré, ainsi que de l'effet final sur la succession. C'est véritablement complexe. Sans logiciel spécialisé, c'est aussi véritablement long. (Nous avons décortiqué le volet de la récupération de la SV dans notre article qui se demande s'il vaut vraiment la peine d'éviter la récupération de la SV à tout prix.)

Si un conseiller n'est pas outillé pour la modéliser proprement, l'écarter peut sembler plus sûr que d'admettre qu'il faudrait creuser la question.

Comment les conseillers innovateurs abordent la question

Les meilleurs résultats en planification de la retraite que nous observons viennent de la combinaison de conseils humains réfléchis et d'une analyse de scénarios rigoureuse. Le logiciel ne devrait pas remplacer les conseillers. Il devrait les aider à tester plus de scénarios, à repérer plus tôt les occasions de planification et à expliquer plus clairement les compromis à leurs clients.

Les meilleurs conseillers financiers canadiens que nous connaissons utilisent déjà des outils comme Optiml pour tester des stratégies comme la fonte du REER pour leurs clients. Ils ne remplacent pas leur jugement professionnel par un logiciel. Ils combinent leur expérience, le contexte de leurs clients et une modélisation avancée pour formuler des recommandations plus éclairées.

Pour leurs clients, cela signifie souvent que la question de la fonte du REER obtient une vraie réponse. Pas « non, ça ne fonctionne pas » ni « oui, vous devriez le faire », mais « voici à quoi ressemble votre plan précis selon chaque approche, année par année, dans tous vos comptes ». Le conseiller apporte le contexte humain. Le logiciel apporte les calculs. Le client obtient le portrait complet.

Voilà la conversation de planification qui vaut la peine d'être menée. Et c'est la conversation qui devient possible quand la modélisation cesse d'être le goulot d'étranglement.

La fonte du REER, en termes simples

Pour les lecteurs qui n'ont pas encore lu l'analyse plus approfondie : la stratégie de fonte du REER consiste à retirer volontairement des fonds de votre REER pendant des années de faible revenu imposable (souvent après avoir cessé de travailler, mais avant de commencer à toucher le RPC et la SV) et à réinvestir ces fonds dans un CELI ou un compte non enregistré.

Si elle peut si bien fonctionner, c'est en raison de la progressivité des tranches d'imposition canadiennes. Si votre taux marginal pendant la période de faible revenu est de 25 %, mais qu'il grimperait à 40 % ou plus une fois que les retraits du FERR commencent en même temps que le RPC et la SV, la fonte du REER capte cet écart entre les tranches. Appliqué au bon solde de compte et aux bonnes années de retrait, l'écart après impôt à vie peut être important (à titre indicatif, de l'ordre de 3 à 15 % de l'impôt total du ménage sur l'ensemble de la retraite, selon les particularités).

Pour une explication plus complète des mécanismes, y compris l'interaction avec le seuil de récupération de la SV et les considérations liées au fractionnement du revenu de pension entre conjoints, consultez notre article de fond sur comment désamorcer la bombe fiscale de retraite la plus répandue au Canada. L'article complémentaire sur les REER de conjoint en 2026 explique comment la fonte du REER interagit avec les structures de comptes de conjoint.

La mise en garde importante

Je ne dis pas que tous les Canadiens devraient faire fondre leur REER.

Certains plans n'ont pas de véritable période de faible revenu. Certains ménages ont intérêt à laisser l'argent dans le REER pour profiter de la croissance à impôt différé. D'autres ont des comptes supplémentaires (régimes de retraite à prestations déterminées, avoirs dans une société, revenus locatifs) qui compliquent les calculs d'une façon qu'une stratégie figée ne peut pas saisir.

C'est précisément pour cette raison qu'Optiml n'impose jamais une stratégie. Nous ne disons pas « vous devez faire fondre votre REER » ni « vous devez reporter ». Nous modélisons votre ménage précis, nous lançons l'optimisation et nous vous montrons la séquence de retraits année par année qui réduit au minimum votre impôt à vie selon vos données. Si une fonte du REER est optimale pour vous, le plan la reflétera. Sinon, le plan ne la recommandera pas.

Ce que nous croyons, en revanche, c'est que vous devriez pouvoir tester les calculs vous-même. Faites rouler le scénario. Comparez côte à côte un plan avec fonte du REER et un plan avec report, et voyez l'écart de valeur de la succession après impôt dans votre situation précise. Les conseillers n'abordent pas tous la planification des retraits de la même façon, et c'est pourquoi des tests de scénarios transparents peuvent être si précieux pour évaluer des décisions de retraite complexes.

Les questions à poser

Si vous êtes un Canadien qui approche de la retraite et que vous avez abordé la fonte du REER avec votre conseiller, pensez à poser ces questions de suivi avant d'accepter un « non » comme réponse finale :

  • Avez-vous modélisé un scénario de fonte du REER avec mes chiffres précis, ou cette réponse repose-t-elle sur des principes généraux?
  • Quel est l'écart de succession après impôt entre un plan avec fonte du REER et un plan avec report dans ma situation?
  • Quels outils de modélisation sont utilisés pour projeter dans le temps mon revenu de retraite, mes impôts, mes prestations gouvernementales et la séquence des retraits dans tous mes comptes?

Ce ne sont pas des questions hostiles. Elles font partie d'un processus de planification de la retraite réfléchi, surtout quand on évalue des stratégies qui ont des répercussions fiscales et successorales à long terme.

Pourquoi Optiml est conçu ainsi

Nous demandons un abonnement mensuel fixe. Le prix dépend du forfait choisi, et non de la taille du portefeuille, de la stratégie que vous suivez ou de l'impôt que vous économisez.

Cette structure est voulue. Notre objectif est d'offrir une modélisation transparente qui aide les Canadiens à évaluer des décisions de retraite complexes au moyen d'une analyse cohérente fondée sur des scénarios. Nous voulons que le modèle qui reflète le mieux votre situation soit celui que vous voyez, parce que c'est ce qui rend la plateforme utile pour vous et pour les conseillers avec qui vous travaillez peut-être.

Vous pouvez aussi tester l'écart vous-même grâce à notre fonctionnalité Comparer les plans. Créez un plan avec fonte du REER, créez un plan avec report et placez-les côte à côte sur le même écran. Voyez l'écart d'impôt à vie. Voyez l'écart de succession après impôt. Voyez lequel correspond à vos objectifs.

Ce n'est pas nous qui vous disons quoi faire. C'est nous qui vous montrons les calculs et qui vous laissons décider.

En résumé

L'amie de la famille à l'origine de cet article n'a encore pris aucune décision. Elle en est toujours à l'étape des tests, et c'est exactement là où elle devrait être.

Mais elle est ressortie de sa conversation avec cette connaissance en se posant une question qui mérite d'être posée à voix haute : qu'est-ce qui, dans cette stratégie, a suscité un scepticisme aussi immédiat chez une personne dont le travail consiste à m'aider à planifier ma retraite?

Nous n'avons pas à répondre à cette question avec cynisme. C'est peut-être une méconnaissance. C'est peut-être que la modélisation ne fait pas encore partie des pratiques courantes. C'est peut-être un véritable désaccord sur le bien-fondé de la stratégie dans sa situation.

L'important, c'est que vous, la personne dont la retraite est planifiée, devriez pouvoir poser la question, voir les calculs et prendre la décision vous-même. Idéalement avec un conseiller enthousiaste à l'idée de faire rouler le scénario avec vous, et non avec quelqu'un qui coupe court à la conversation avant même qu'elle commence.

C'est toute la raison d'être d'Optiml.

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