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Planification fiscale

8 min de lecture

Le piège de l'impôt zéro : quand une retraite sans impôt vous coûte plus cher

Une étude de cas modélisée qui montre pourquoi cinq années accrocheuses sans impôt peuvent discrètement préparer une facture d'impôt à vie beaucoup plus lourde.

Puiser d'abord dans le CELI peut donner cinq ans sans impôt, puis un FERR qui gonfle, des pics d'impôt et la récupération de la SV. Un cas illustratif.

Max Jessome

Max Jessome

Chef de l'exploitation, cofondateur

Le piège de l'impôt zéro : quand une retraite sans impôt vous coûte plus cher

Un couple de retraités est venu nous voir, ravi de son plan. Pendant les cinq premières années de leur retraite, ils n'allaient payer aucun impôt. Pas un peu d'impôt. Rien du tout. Ils avaient fait leurs calculs, les chiffres tenaient la route, et cela ressemblait à une victoire.

Ça semble fantastique. Cinq années de retraite, sans impôt.

Mais une année sans impôt n'est pas toujours une victoire. C'est parfois un signal d'alarme. Et dans leur cas, ces cinq années sans impôt préparaient discrètement l'une des retraites les plus coûteuses que nous ayons modélisées.

Le point de départ : comment on arrive à zéro impôt

Prenons Margaret et David, tous deux âgés de 63 ans, récemment retraités en Ontario. (Un couple clairement fictif, mais une structure que nous voyons constamment.) Ils ont ensemble un solde d'environ 850 000 $ dans des régimes enregistrés d'épargne-retraite (REER), un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) d'environ 260 000 $, une maison payée, et ils n'ont encore commencé ni leur pension du Régime de pensions du Canada (RPC) ni leur Sécurité de la vieillesse (SV).

Leur plan était simple. Vivre d'abord du CELI. Les retraits du CELI sont entièrement libres d'impôt et ne comptent pas comme un revenu imposable; pendant les cinq premières années, leur revenu déclaré était donc presque nul. Le résultat sur papier était superbe : peu ou pas d'impôt à payer, année après année.

« Pas d'impôt, youpi! » C'était le gros titre.

Le problème, c'est ce qui se passait en arrière-plan.

Le piège : un REER qui grossit et dont il faudra s'occuper tôt ou tard

Pendant que Margaret et David épuisaient leur CELI, leur REER restait intact et continuait de croître. Cela semble responsable. C'est exactement ce que la plupart d'entre nous avons appris à faire : protéger l'argent enregistré, reporter l'impôt, le laisser fructifier.

Mais un REER ne vous appartient pas entièrement. L'impôt y est reporté, pas éliminé. Chaque dollar qui en sort est un revenu entièrement imposable. Et vous ne pouvez pas le reporter indéfiniment.

Au plus tard à la fin de l'année de vos 71 ans, votre REER doit être converti en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR). Dès l'année suivante, le FERR comporte un retrait minimal obligatoire que vous devez effectuer, que vous ayez besoin de l'argent ou non. Ce minimum est un pourcentage du solde, et ce pourcentage augmente chaque année à mesure que vous vieillissez. Il y a un plancher, mais aucun plafond.

Imaginez donc la situation de Margaret et David à 72 ans. Leur CELI, leur coussin libre d'impôt le plus souple, est en grande partie épuisé. Leur REER a fructifié pendant des années sans qu'on y touche, puis a été converti en un gros FERR. Ils sont maintenant obligés de retirer un minimum croissant de ce solde important, et ce retrait s'ajoute directement au RPC et à la SV, qui ont aussi commencé entre-temps.

Trois sources de revenu imposable, empilées les unes sur les autres, au cours des mêmes années. Leur revenu ne s'est pas lissé. Il a bondi.

Pourquoi ce bond coûte si cher

Un revenu irrégulier et concentré en fin de parcours fait deux choses coûteuses à la fois.

D'abord, il gaspille leurs premières années à faible revenu. Au début de la soixantaine, Margaret et David avaient de l'espace dans les tranches d'imposition les plus basses et l'ont à peine utilisé. Un revenu qui aurait pu être retiré à un taux bas ne l'a jamais été. Cet espace dans les tranches est maintenant perdu; il ne se met pas de côté.

Ensuite, le bond ultérieur les pousse en zone de récupération de la SV. La SV est réduite dès que le revenu net dépasse le seuil de récupération (autour de 95 000 $ pour 2026, indexé chaque année). Un gros retrait forcé du FERR empilé sur le RPC et la SV peut franchir ce seuil d'un coup. Fait à noter, les retraits du CELI ne comptent jamais dans ce seuil, et c'est précisément pourquoi épuiser le CELI tôt était un tel gaspillage. Ils ont vidé le seul compte qui aurait pu garder leur revenu déclaré bas, et conservé celui qui le fait grimper.

Le gros titre, c'était « cinq ans sans impôt ». La réalité, c'était une facture d'impôt reportée, concentrée et plus élevée, en plus de prestations récupérées, qui arrivaient toutes en même temps plus tard dans la vie.

Ce que les chiffres disaient vraiment : lisser plutôt que reporter

Quand nous avons soumis les deux versions à Optiml, le contraste était net.

La solution n'a rien d'exotique. Il s'agit d'équilibrer l'impôt sur tout l'horizon de la retraite au lieu de tout concentrer à la fin. En pratique, cela voulait dire retirer une partie du REER plus tôt, dans la soixantaine, en remplissant délibérément ces tranches basses pendant qu'elles étaient disponibles. Oui, cela crée un peu d'impôt dans des années qui auraient pu être à zéro. Mais cela réduit le FERR avant l'arrivée des minimums obligatoires et de la SV, si bien que le bond ultérieur ne se forme jamais. Et cela préserve le CELI comme coussin souple dans lequel puiser pendant les années à revenu élevé pour rester sous le seuil de la SV.

C'est l'idée centrale de la stratégie Minimiser l'impôt à vie : l'objectif est la plus petite facture d'impôt totale, ajustée selon l'inflation, sur toute votre retraite, et non la plus petite facture cette année. Une stratégie apparentée, Maximiser la succession après impôt, vise le montant après impôt le plus élevé que vous laisserez. Ce sont des objectifs distincts, et Optiml modélise chacun directement pour que vous puissiez voir lequel correspond à vos priorités.

Optiml détermine la séquence de retraits optimale dans chaque compte, chaque année, en fonction de votre situation fiscale complète. Avec Comparer les plans, Margaret et David pouvaient placer les deux versions côte à côte et voir les chiffres à vie, pas seulement le gros titre de la première année.

Voici l'allure de ce que cette comparaison a fait ressortir. Les chiffres sont illustratifs et modélisés, et ne constituent pas une garantie.

Résultat Plan « zéro impôt d'abord » Plan lissé
Impôt des 5 premières années Presque nul (le gros titre) Faible, mais pas nul
Impôt plus tard dans la vie (72 ans et plus) Gros bonds annuels Stable et contenu
Exposition à la récupération de la SV Élevée dans les dernières années Largement évitée
Coussin du CELI restant plus tard En grande partie épuisé tôt Préservé et souple
Impôt total à vie Plus élevé Plus bas (fourchette illustrative de 3 à 15 %)
Succession après impôt laissée Plus petite Plus grande
Score de réussite (taux de réussite au test de résistance) Plus bas (plus fragile) Plus élevé (plus résilient)

Même couple, même épargne, même date de retraite. Le plan lissé leur a laissé une facture d'impôt à vie plus basse et une succession après impôt plus importante. Les cinq années sans impôt se sont révélées l'option la plus coûteuse.

Ce que la plupart des gens oublient : la résilience

Il y a une autre dimension qui n'apparaît pas dans une simple comparaison fiscale, et c'est peut-être la plus importante.

Nous avons mis les deux plans à l'épreuve avec le Score de réussite Monte-Carlo, qui soumet chaque plan à 50 scénarios de marché tirés de plus de 50 000 trajectoires de rendement générées. La question à laquelle il répond est simple : dans combien d'avenirs possibles ce plan finance-t-il encore entièrement la vie que vous voulez?

Le plan « zéro impôt d'abord » était beaucoup plus fragile. Voici pourquoi. Quand vous concentrez de gros retraits forcés du FERR dans vos dernières années, vous comptez sur ce gros solde enregistré pour tenir bon précisément au moment où vous êtes obligé d'y puiser fortement. Si les marchés sont faibles pendant ces années précises, vous vendez davantage pour respecter un minimum obligatoire croissant, et le compte se vide plus vite. Beaucoup plus de scénarios du test de résistance ont échoué pour le plan « zéro impôt d'abord ».

Le plan lissé a réussi beaucoup plus de scénarios. En retirant le REER plus tôt et en conservant le CELI comme coussin, Margaret et David ne misaient pas leur retraite sur la collaboration des marchés pendant une seule fenêtre étroite et sous haute pression. Ils ont réparti le risque de la même façon qu'ils ont réparti l'impôt.

Un revenu lissé n'est pas seulement moins coûteux. Il est plus solide.

En résumé

« Pas d'impôt maintenant » n'est pas la même chose que « moins d'impôt au cours de votre vie ». Une année sans impôt donne l'impression d'une victoire, et c'est parfois vraiment le cas. Mais quand elle découle du report d'un gros solde enregistré jusque dans la soixante-dizaine, elle peut préparer une facture plus lourde, une SV perdue et un plan plus fragile par la suite.

La meilleure démarche consiste généralement à équilibrer l'impôt sur tout l'horizon : utiliser délibérément vos années à faible revenu, retirer le REER avant que les minimums du FERR ne vous forcent la main, et protéger le CELI comme le coussin souple qu'il est censé être.

C'est exactement ce qu'Optiml est conçu pour faire ressortir. La plateforme ordonne vos retraits dans chaque compte, modélise l'âge de début de votre RPC et de votre SV avec l'Optimiseur RPC et SV, met le résultat à l'épreuve avec le score de réussite et vous permet de placer deux versions de votre retraite côte à côte avec Comparer les plans.

L'objectif n'a jamais été de payer zéro impôt cette année. C'est de garder la plus grande partie de votre argent au travail pour vous, chaque année qui vous reste.

Lisser vaut mieux que reporter.

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