Cotiser moins, recevoir moins. C'est ainsi que fonctionne presque chaque cotisation dans votre vie. Alors quand un taux de cotisation baisse, la plupart des gens supposent que la prestation baisse aussi.
Ce n'est pas ce qui se passe ici.
Le 1er janvier 2027, le taux de cotisation de base au Régime de pensions du Canada (RPC) passe de 9,9 % à 9,5 %, parts combinées. Votre retenue diminue. Votre prestation du RPC ne change pas. Ni le montant, ni le calcul, ni les ajustements selon l'âge de début. La loi réduit uniquement les cotisations.
Voici ce qui a réellement changé, pourquoi la mesure passe le test de viabilité et ce que ça signifie pour le plan que vous bâtissez.
Ce que fait réellement le projet de loi C-30
Le projet de loi C-30 a reçu la sanction royale le 18 juin 2026. Il fait une seule chose : il réduit le taux de cotisation de base au RPC, à compter du 1er janvier 2027. Toutes les autres dispositions du Régime de pensions du Canada restent inchangées.
Le taux de base correspond à la cotisation d'origine au RPC, partagée à parts égales entre vous et votre employeur.
Les employés et les employeurs paient chacun leur part. Si vous êtes travailleur autonome, vous payez vous-même les deux parts, donc la baisse complète de 0,40 point vous revient.
Comment réduire les cotisations sans réduire les prestations
C'est la partie qui vaut la peine d'être comprise, parce que « ils ont baissé le taux, donc la pension doit diminuer » est le réflexe de presque tout le monde.
Le RPC de base n'est pas financé d'année en année à même les recettes générales. C'est un régime autofinancé qui a ses propres actifs, et l'actuaire en chef du Canada vérifie si l'argent qui entre suffit à payer les prestations déjà promises, sur un horizon qui se mesure en décennies plutôt qu'en cycles budgétaires.
Ce test produit un chiffre : le taux de cotisation minimal. C'est le taux le plus bas qui assure la viabilité du régime de base à long terme.
Le 33e Rapport actuariel sur le Régime de pensions du Canada a été déposé le 28 mai 2026 et publié le 8 juin 2026. Il établit le taux de cotisation minimal à 9,22 % pour les années 2028 à 2033, et à 9,20 % pour 2034 et les années suivantes.
Ces deux taux sont inférieurs à 9,5 %.
Voilà toute la réponse. Le nouveau taux prévu par la loi demeure supérieur à ce dont le régime a besoin pour financer les prestations auxquelles il s'est déjà engagé, et c'est pourquoi le taux peut baisser sans que la formule des prestations bouge. L'actuaire en chef a confirmé que le taux réduit est viable.
L'effet global représente de l'argent bien réel. Les cotisations au régime devraient être inférieures d'environ 7,2 milliards de dollars en 2050, et d'environ 37 milliards de dollars d'ici 2100. De gros chiffres, qui restent tout de même dans la marge que le test actuariel juge disponible.
Ce qui ne change explicitement pas
Le projet de loi C-30 a une portée étroite, et c'est voulu. Quatre éléments au sujet desquels les gens posent des questions restent intacts :
- Votre pension de retraite du RPC. Le montant, le calcul et les règles d'admissibilité sont inchangés. Une baisse des cotisations ne réduit pas ce que vous recevez.
- La bonification du RPC. Les cotisations supplémentaires et le taux de remplacement du revenu plus élevé, mis en place graduellement depuis 2019, ne sont pas touchés.
- Le RPC2. La deuxième cotisation supplémentaire, sur les gains situés entre les deux plafonds, est un levier distinct et elle n'est pas touchée. Pour l'explication complète de celle-là, consultez notre article Le RPC2 expliqué.
- Les ajustements selon l'âge de début. Commencer le RPC avant 65 ans le réduit toujours de 0,6 % par mois, jusqu'à un maximum de 36 % à 60 ans. Le reporter après 65 ans l'augmente toujours de 0,7 % par mois, jusqu'à un maximum de 42 % à 70 ans.
Ce que ça représente vraiment sur votre talon de paie
Une baisse de 0,20 point de pourcentage du côté de l'employé, c'est un petit chiffre, et les petits chiffres méritent un calcul plutôt que des adjectifs.
Imaginons que 56 500 $ de vos gains sont assujettis aux cotisations de base au RPC en 2027. Voici la différence, calculée du début à la fin :
- Au taux actuel de 4,95 % pour l'employé : 56 500 $ x 4,95 % = 2 796,75 $
- Au nouveau taux de 4,75 % pour l'employé : 56 500 $ x 4,75 % = 2 683,75 $
- Différence : 113,00 $ sur l'année complète, soit environ 9,42 $ par mois
La part de votre employeur baisse du même montant de 113,00 $. Si vous êtes travailleur autonome avec les mêmes 56 500 $ de gains ouvrant droit à pension, vous payez les deux parts, donc la réduction est de 226,00 $ pour l'année.
Votre propre chiffre sera différent, parce qu'il dépend de la part de votre revenu qui ouvre droit à pension. Le plafond des gains pour 2027 n'a pas encore été annoncé, alors refaites ce calcul avec vos propres chiffres une fois ceux de l'année publiés. La forme de la réponse restera la même : une réduction modeste et permanente de ce qui est retenu sur votre paie, sans aucun changement à ce qui vous reviendra plus tard.
La décision qui fait réellement bouger votre chiffre
Votre retenue diminue donc légèrement et la projection de votre prestation ne bouge pas du tout. Pour quiconque bâtit un plan de retraite, c'est bon à savoir, mais ça ne justifie pas de refaire son plan.
La décision liée au RPC qui fait réellement bouger votre chiffre est la même qu'elle a toujours été : le moment où vous commencez à le recevoir.
Regardez l'écart. Commencer à 60 ans réduit votre pension de 36 % de façon permanente. Attendre jusqu'à 70 ans l'augmente de 42 % de façon permanente, indexée à vie. L'écart entre le début le plus hâtif et le plus tardif est d'un ordre de grandeur plus important que tout ce qu'un changement de taux de cotisation pourra jamais faire à votre plan.
Mais plus gros ne veut pas automatiquement dire meilleur, et c'est exactement pourquoi la décision est difficile. Reporter le RPC signifie puiser davantage dans votre régime enregistré d'épargne-retraite (REER) ou votre fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) au cours de la soixantaine pour combler l'écart, ce qui augmente votre revenu imposable pendant ces années. Commencer plus tôt signifie une pension à vie plus petite, mais plus d'argent enregistré qui continue de fructifier. Un RPC plus élevé à 70 ans, ajouté aux retraits minimums obligatoires du FERR, peut aussi faire grimper votre revenu vers le seuil de récupération de la Sécurité de la vieillesse (SV).
Aucune règle empirique ne permet de trancher. Tout dépend de vos autres revenus, de votre taux marginal chaque année, de la situation de votre conjoint et des autres sources dans lesquelles vous puisez.
C'est la question à laquelle l'Optimiseur RPC et SV d'Optiml est conçu pour répondre. Il modélise votre âge de début en fonction de l'ensemble de votre situation de revenu, année par année, plutôt qu'à partir d'un graphique générique du seuil de rentabilité. Chaque plan Optiml ordonne ensuite vos retraits du REER, du FERR, du compte d'épargne libre d'impôt (CELI) et des comptes non enregistrés autour de l'âge de début que les calculs retiennent. Plus de 200 000 plans de retraite ont été produits avec Optiml sur cette base.
Quand Optiml tiendra compte du nouveau taux
Optiml intégrera le taux de cotisation de base au RPC de 9,5 % dans ses mises à jour du nouvel an, avec le reste des données annuelles que nous actualisons : les tranches d'imposition, les crédits, les seuils indexés et les montants du RPC et de la SV. Les taux de cotisation entrent dans le calcul de vos flux de trésorerie pendant vos années de travail, donc une fois le changement intégré, il se répercute directement dans votre plan.
D'ici là, le montant sur votre talon de paie jusqu'en décembre 2026 est toujours calculé à 4,95 %.
En résumé
Le projet de loi C-30 réduit le taux de cotisation de base au RPC de 9,9 % à 9,5 % le 1er janvier 2027. Le taux de cotisation minimal établi par l'actuaire en chef, 9,22 % puis 9,20 %, est ce qui rend cette baisse possible sans toucher à une seule prestation.
Pour vous, ça veut dire une paie légèrement plus élevée à partir de janvier 2027 et une projection de votre prestation du RPC qui ne bouge pas d'un poil. Classez ça sous « bon à savoir », pas sous « raisons de refaire votre plan ».
Le taux de cotisation n'est pas le levier. L'âge de début, oui.
Questions fréquentes
Quel est le taux de cotisation au RPC en 2027?
À partir du 1er janvier 2027, le taux de cotisation de base au RPC est de 9,5 % (parts combinées), comparativement à 9,9 % auparavant. Cela représente 4,75 % pour l'employé et 4,75 % pour l'employeur, au lieu de 4,95 % chacun. Les travailleurs autonomes paient les deux parts, donc leur taux de base est de 9,5 %. Le changement a été adopté par le projet de loi C-30, qui a reçu la sanction royale le 18 juin 2026.
La baisse du taux du RPC en 2027 va-t-elle réduire ma pension du RPC?
Non. Le projet de loi C-30 réduit uniquement les cotisations. Le montant de votre pension de retraite du RPC, le calcul qui le détermine et les règles d'admissibilité restent tous inchangés, et toutes les autres dispositions du Régime de pensions du Canada demeurent telles quelles.
Pourquoi peut-on réduire le taux de cotisation au RPC sans réduire les prestations?
Parce que le taux prévu par la loi est supérieur à ce dont le régime a besoin. Le 33e Rapport actuariel sur le RPC, déposé le 28 mai 2026 et publié le 8 juin 2026, a établi le taux de cotisation minimal à 9,22 % pour les années 2028 à 2033 et à 9,20 % pour 2034 et les années suivantes. Ces deux taux sont inférieurs au nouveau taux légal de 9,5 %, et l'actuaire en chef a confirmé que le taux réduit est viable.
Le changement de 2027 touche-t-il le RPC2 ou la bonification du RPC?
Non. La baisse s'applique uniquement au taux de cotisation de base au RPC. Le RPC2, soit la deuxième cotisation supplémentaire sur les gains situés entre le premier et le deuxième plafond des gains, n'est pas touché. Il en va de même pour la bonification du RPC mise en place graduellement depuis 2019.
Combien la baisse du taux du RPC en 2027 me fera-t-elle économiser?
Cela dépend de la part de votre revenu qui ouvre droit à pension, et le plafond des gains pour 2027 n'a pas encore été annoncé. À titre d'exemple, sur 56 500 $ de gains ouvrant droit à pension, la cotisation de l'employé passe de 2 796,75 $ à 4,95 % à 2 683,75 $ à 4,75 %, une différence de 113,00 $ pour l'année. Un travailleur autonome ayant les mêmes gains verrait le double, soit 226,00 $, parce qu'il paie les deux parts.
Devrais-je modifier mon plan de retraite à cause de la baisse du taux du RPC en 2027?
La projection de votre prestation du RPC ne change pas, donc rien dans ce changement ne modifie vos prévisions de revenu de retraite. La décision liée au RPC qui fait vraiment bouger votre chiffre reste votre âge de début : le recevoir à 60 ans réduit la pension de 36 %, tandis que le reporter à 70 ans l'augmente de 42 % à vie. Optiml intégrera le nouveau taux de cotisation de 9,5 % dans ses mises à jour du nouvel an.
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