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Planification de la retraite

7 min de lecture

La Banque du Canada maintient son taux à 2,25 % pour une 7e fois : ce qu'une retraite à 3 % d'inflation signifie pour votre plan de retrait

Le taux directeur fait les manchettes, mais c'est l'inflation de 3 % en dessous qui décide combien vous pouvez réellement retirer.

Taux maintenu à 2,25 %, inflation à 3 % : l'effet d'un point d'inflation de plus sur un plan de retrait de 30 ans, et quoi ajuster avant le 28 octobre.

Max Jessome

Max Jessome

Chef de l'exploitation, cofondateur

La Banque du Canada maintient son taux à 2,25 % pour une 7e fois : ce qu'une retraite à 3 % d'inflation signifie pour votre plan de retrait

Sept maintiens d'affilée, ça ressemble à de la stabilité. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, sa septième décision consécutive sans changement, et la plupart des médias en ont fait la nouvelle du jour.

Mais le taux directeur n'est pas le chiffre qui décide de votre revenu de retraite.

Le 14 septembre, Statistique Canada a confirmé que l'indice des prix à la consommation (IPC) avait augmenté de 3 % d'une année à l'autre en août, au même rythme qu'en juillet. La hausse du prix de l'essence a ralenti, et des prix des loyers et des voyages en plus forte hausse ont pris le relais. C'est un point de pourcentage complet au-dessus de la cible de 2 % de la Banque. C'est aussi l'hypothèse unique qui se trouve sous chaque plan de retrait jamais bâti, que la personne qui l'a bâti l'ait fixée consciemment ou qu'elle l'ait laissée à sa valeur par défaut.

Si votre plan suppose une inflation de 2 % et que vous prenez votre retraite dans un contexte à 3 %, vous ne vous trompez pas d'un point. Sur une retraite de 30 ans, vous vous trompez d'environ un demi-million de dollars de dépenses.

Ce qui s'est réellement passé, en deux publications de données

Deux nouvelles sont tombées à douze jours d'intervalle, et elles n'ont de sens qu'ensemble.

  • 2 septembre : la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour la septième fois d'affilée, en signalant un risque de hausse de l'inflation lié aux droits de douane et au conflit au Moyen-Orient.
  • 14 septembre : Statistique Canada a annoncé que l'inflation annuelle était restée à 3 % en août, les loyers ayant augmenté de 2,8 % et les voyages organisés de 26,1 % pendant que l'essence se calmait.

Un maintien n'annonce pas le calme. C'est la Banque qui attend de voir si les prix supérieurs à la cible vont s'estomper ou se propager à tout le reste. La prochaine décision tombe le 28 octobre.

Pour quelqu'un qui travaille encore, cette tension est une histoire macroéconomique intéressante. Pour quelqu'un qui puise dans son portefeuille, c'est une donnée qui détermine directement combien d'argent sort du compte chaque année pour le reste de sa retraite.

Un point de pourcentage, trente ans

Imaginez que vous prenez votre retraite avec 70 000 $ par année de dépenses après impôt. Rien d'exotique. Une maison payée, un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) et des prestations gouvernementales.

Voici ce que ce même mode de vie vous coûte avec une hypothèse de 2 % plutôt que de 3 %.

Coût du même mode de vie À 2 % d'inflation À 3 % d'inflation Écart
Aujourd'hui 70 000 $ 70 000 $ 0 $
Dans 10 ans 85 300 $ 94 100 $ 8 800 $ / an
Dans 20 ans 104 000 $ 126 400 $ 22 400 $ / an
Dans 30 ans 126 800 $ 169 900 $ 43 100 $ / an
Total sur 30 ans 2,84 M$ 3,33 M$ ~490 000 $

La première année, les deux colonnes sont identiques. C'est pour ça qu'on passe à côté. Le dommage est invisible le jour où vous prenez votre retraite et impossible à manquer à la 20e année.

Remarquez ce que l'écart n'est pas. Ce n'est pas un krach boursier, un mauvais choix d'action ou un problème de frais. C'est une ligne dans un tableur que personne n'a revue.

Une partie de votre revenu est indexée. Le reste est une décision.

C'est ici que l'inflation supérieure à la cible cesse d'être abstraite.

Le Régime de pensions du Canada (RPC) et la Sécurité de la vieillesse (SV) augmentent tous deux avec les prix. La SV est rajustée chaque trimestre en fonction de l'IPC, et les versements d'octobre à décembre augmentent de 1,4 %, à compter du paiement du 28 octobre. À ce taux, la SV mensuelle maximale passe de 751,97 $ à environ 762,50 $ pour les 65 à 74 ans, et de 827,17 $ à environ 838,75 $ pour les 75 ans et plus.

C'est réel, et c'est automatique. C'est aussi une part modeste de la plupart des revenus de retraite.

Vos retraits du FERR ne sont pas indexés. Vos retraits non enregistrés ne sont pas indexés. Vos retraits du CELI ne sont pas indexés. Beaucoup de régimes de retraite d'employeur n'ont aucune indexation, ou seulement une indexation partielle plafonnée sous l'IPC réel. Ces dollars n'augmentent que si vous décidez de retirer davantage, et retirer davantage change votre revenu imposable, votre tranche d'imposition et votre position par rapport au seuil de récupération de la SV.

La question utile n'est donc pas « l'inflation restera-t-elle à 3 %? ». C'est plutôt celle-ci : quel pourcentage de votre revenu de retraite de base augmente tout seul, et quel pourcentage n'augmente que si vous puisez davantage dans votre portefeuille?

La plupart des Canadiens n'ont jamais calculé ce chiffre. C'est l'une des premières choses qu'un plan complet rend visibles.

Un taux directeur de 2,25 % face à des prix qui montent de 3 %

Le maintien compte pour une deuxième raison. Avec le taux du financement à un jour à 2,25 %, la portion prudente d'un portefeuille rapporte des rendements proches ou inférieurs au rythme de hausse des prix. La portion en liquidités et à court terme, celle qui semble la plus sûre, est celle qui fait du surplace en termes réels.

C'est une donnée de planification, pas une raison de changer ce que vous détenez. Mais ça veut dire que le coussin que bien des retraités gardent pour les premières années de décaissement travaille moins fort que le solde du relevé le laisse croire.

La dette fait partie du même portrait. La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) estime qu'environ 1,15 million de prêts hypothécaires canadiens seront renouvelés en 2026, et certains sont portés par des gens dans leurs premières années de retraite. Un renouvellement fixe à nouveau une dépense fixe, et les dépenses fixes sont celles qui jouent le plus vite contre vous quand l'inflation dépasse la cible.

Quoi changer avant le 28 octobre

Rien de tout ça ne demande une refonte du portefeuille. Ça demande de refaire le plan avec des hypothèses honnêtes.

  • Augmentez l'hypothèse d'inflation et refaites le plan. Le paramètre d'IPC d'Optiml est fixé par défaut à 2,1 %, conformément à la cible de la Banque et à l'historique à long terme. Réglez-le à 3 % et regardez ce qui bouge. Les valeurs qui y sont liées réagissent ensemble, notamment les tranches d'imposition, le RPC, la SV et les plafonds de cotisation au CELI et au REER.
  • Séparez le fixe du flexible. Dans Optiml, les dépenses fixes augmentent automatiquement avec l'inflation, tandis que les dépenses courantes restent personnalisables. Cette distinction fait la différence entre un plan qui panique à 3 % et un plan qui l'absorbe.
  • Examinez attentivement les cinq premières années. L'ordre de décaissement est le plus sensible au début, quand le portefeuille est à son plus gros et que les retraits s'accumulent contre lui. Un contexte à 3 % retire plus de dollars précisément pendant ces années.
  • Comparez vos retraits nominaux aux seuils indexés. Une inflation plus élevée fait monter en même temps vos montants de retrait et les seuils fiscaux qu'ils franchissent. Les deux n'évoluent pas toujours au même rythme, et la différence se traduit en impôt.
  • Faites un test de résistance au lieu de deviner. Le Score de réussite Monte-Carlo d'Optiml soumet votre plan à 50 scénarios de marché tirés de plus de 50 000 trajectoires de rendement générées.

Ensuite, comparez. Comparer les plans, dans Optiml, place deux versions de votre retraite côte à côte avec vos vrais chiffres. À ce stade, vous ne lisez plus un commentaire sur l'inflation. Vous voyez ce qu'elle fait à votre calendrier de retraits, à votre facture d'impôt et à ce que vous laissez derrière vous.

En résumé

Un maintien de taux, c'est une manchette. Une hypothèse d'inflation, c'est une décision, et c'est l'une des rares décisions de la planification de la retraite où ne rien faire revient quand même à choisir une réponse.

La Banque du Canada se réunit de nouveau le 28 octobre. D'ici là, le travail utile ne consiste pas à prédire ce qu'elle fera. Il consiste à ouvrir votre plan, à changer un chiffre et à vérifier si votre stratégie de retrait tient toujours.

Plus de 200 000 plans ont été produits avec Optiml pour répondre précisément à ce genre de question.

Planifier en fonction de l'inflation, ce n'est pas prédire le prochain chiffre. C'est bâtir un plan qui n'a pas besoin que vous le fassiez.

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